Les Clés de Vénus

Autres maladies génitales

Outre les diverses causes déjà présentées (vaginisme, vulvodynie, sécheresse vaginale, mycose), les dyspareunies (douleurs pendant l’amour) peuvent également être engendrées par d’autres maladies génitales. Nous vous en présentons brièvement quelques unes ci-dessous, et vous renvoyons à des associations ou sites dédiés pour plus d’informations.

Endométriose

“L’endométriose est une maladie chronique, généralement récidivante qui touche 1 femme sur 10, en âge de procréer. L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (oestrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse, et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne. Ce sont les règles. Chez la femme qui a de l’endométriose des cellules vont remonter et migrer via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus  provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire. Elle touche potentiellement toutes les femmes réglées. Et lorsqu’on les interroge, la plupart des femmes atteintes sévèrement par cette maladie se plaignent d’avoir souffert depuis la puberté de douleurs gynécologiques. L’endométriose est une maladie complexe. On a même coutume de dire qu’il n’y a pas une mais « des » endométrioses car cette maladie ne se développe pas de la même façon d’une femme à l’autre… Il n’existe pas de certitudes concernant l’endométriose si ce n’est qu’elle revêt différentes formes à différents endroits selon différentes proportions d’une femme à l’autre. Aujourd’hui, l’endométriose est diagnostiquée, souvent par hasard, avec un retard moyen de cinq années, durant lesquelles la maladie a eu le temps de causer des dommages notables à différents organes. Selon les sources, cette maladie toucherait de 1 femme sur 20 à 1 femme sur 10.”  Endofrance

Névralgie pudendale

“Il s’agit d’une affection neurologique qui touche la région profonde de la fesse dont le nerf pudendal (nerf honteux) qui innerve les zones les plus intimes du corps : ses ramifications touchent l’anus, le rectum, le périnée, les voies urinaires basses et les organes génitaux. L’appui brutal en certaines zones du trajet du nerf peut déclencher la douleur. Toutes les structures anatomiques voisines du nerf pudendal et de ses rameaux (os, ligaments, muscles, graisses) peuvent constituer une source de compression qui est, dans la majorité des cas, à l’origine de la maladie. Le syndrome peut s’accompagner d’incontinences (* par impériosité suite à l’atteinte des fibres végétatives ou d’effort, * par atteinte du plancher pelvien – qui n’est pas due au nerf pudendal), de dysfonctionnements sympathiques (syncopes, poussées vasomotrices…).” Association Ainp

Lichen scléreux atrophique

“Le lichen scléreux atrophique (ou lichen scléro-atrophique) est une maladie de la peau inflammatoire d’origine probablement auto-immune avec un terrain génétique potentiel (c’est encore étudié et loin d’être assuré). La maladie affecte le plus souvent les parties génitales mais elle peut aussi, rarement, se développer sur la peau (tronc notamment). Le lichen scléreux touche surtout la zone vulvaire et anale des femmes et le prépuce et le gland des hommes. Chez la femme, elle affecte les muqueuses vulvaire et anale mais elle épargne le vagin et n’atteint jamais l’utérus ou les ovaires.” Le site Lilie Va Bien

Cystite interstitielle

“La cystite interstitielle (CI), qu’on ne doit pas confondre avec la cystite bactérienne, est une affection urologique rare et très invalidante. Maladie chronique de la vessie, inflammatoire mais non infectieuse, d’origine inconnue, la CI se rencontre à 90 % chez les femmes, avec un pic vers l’âge de 30/40 ans. Elle provoque d’intenses douleurs ainsi que des mictions fréquentes et urgentes de jour comme de nuit. Le manque d’autonomie qui en découle peut devenir tel que le malade n’ose plus sortir de chez lui, d’où un dramatique retentissement sur tous les plans (professionnel, social, familial, etc).” Association AFCI

Syndrome MRKH

“Le syndrome de Rokitansky ou MRKH se manifeste par une absence partielle ou totale du vagin et de l’utérus, à cela peut être associé des anomalies du type osseux (ex : scoliose), rénaux (ex : un seul rein), de surdité ou cardiaque. Cette malformation touche environ une jeune fille sur 4500.” Association syndrome de Rokitansky – MRKH

Vaginite

La vaginite est une inflammation du vagin, souvent associée à l’inflammation de la vulve (vulvite), essentiellement d’origine infectieuse. Le vagin est protégé de la pullulation de la plupart des germes pathogènes par son acidité naturelle. Cette acidité provient de la richesse du vagin en bacilles de Döderlein et dépend de la sécrétion œstrogénique des ovaires.

Le signe principal de la vaginite est la leucorrhée (sécrétion blanchâtre dans le vagin particulièrement abondantes). Celle-ci peut s’accompagner de douleurs de type brûlures locales, d’un prurit et de dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels). Une fatigue et une légère fièvre y sont parfois associées. L’examen gynécologique est en général complété par un prélèvement des sécrétions pour déterminer le germe en cause.

La vaginite est quasi systématiquement associée à la vulvite (la seule présence de leucorrhée provoque une macération et un prurit vulvaire), et souvent à une cervicite.

Les causes sont multiples :

  • des trichomonas, les gardnerella vaginalis ;
  • des mycoses ;
  • des microbes divers ;
  • un dysfonctionnement hormonal ;
  • un agent irritant ;
  • une maladie dermatologique.

La vaginite parasitaire à trichomonas :
Le trichomonas est un parasite transmis par l’eau, les objets de toilette et surtout pendant les rapports sexuels. La leucorrhée est abondante, liquide, malodorante, finement bulleuse (ressemblant à de l’eau savonneuse), prurigineuse (= irritante, qui provoque des démangeaisons). Elle augmente en début de cycle. Le trichomonas est découvert à l’examen direct au microscope suite à un prélèvement.

La vaginite mycosique :
Si la transmission sexuelle est possible, l’infection se produit le plus souvent à partir de foyers intestinaux en raison de circonstances favorisantes (antibiotiques, œstroprogestatifs, grossesse, diabète, anémies, vêtements serrés et en matières synthétiques). La contamination par l’eau de piscine polluée ou le sable des plages est également possible. Le candida albicans est presque toujours en cause. Il provoque une leucorrhée épaisse, caséeuse (=qui a un aspect de fromage frais), prurigineuse, qui s’accroît avant les règles. La vulve et le vagin sont très enflammés. Le diagnostic est fait par examen direct et culture du prélèvement. Pour en savoir plus, consultez le paragraphe « Mycose » du même article.

La vaginite microbienne :

  • La blennorragie est due au gonocoque. La leucorrhée est abondante, purulente, verdâtre. Le diagnostic est fait par prélèvement qui déterminera la présence de bactérie.
  • Les vaginites à germes banals sont d’origines diverses (staphylocoques, streptocoques, colibacilles, etc.) et ne surviennent que dans des circonstances particulières (=transmission par contact par exemple). Le diagnostic est établi par le prélèvement vaginal.

La vaginite causée par un trichomonas se soigne grâce à des consignes d’hygiène (cf. « Mycose ») et un traitement antibiotique spécifique. Le partenaire doit être traité. La vaginite mycosique se soigne le plus souvent par application d’un antifongique en crème et de la prise du même antifongique sous forme d’ovule (cf. « Mycose »). Le traitement des vaginites microbiennes repose sur des antiseptiques locaux (ovules) et des antibiotiques adaptés et surtout le rétablissement de la flore vaginale.”

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

 

Vulvite

La vulvite est une inflammation de la vulve. Elle est souvent associée à une vaginite ; on parle alors de vulvo-vaginite. La vulvite se manifeste par un prurit vulvaire et par une sensation de brûlure, que ce soit de manière spontanée ou bien en urinant, en marchant ou lors des rapports sexuels (dyspareunie). Localement, la vulve est sensible au contact, rouge, épaissie (œdématiée), suintante et souvent recouverte de pertes blanchâtres (leucorrhée), surtout s’il s’agit d’une mycose (champignon).

Elles peuvent être d’origine infectieuse ou non :

  • des bactéries : gonocoques (cf. blennorragie, dans le paragraphe « Vaginite ») ou germes banals (streptocoques, staphylocoques, etc.) ;
  • des champignons, dits « mycoses », comme le candida albicans (cf. « Mycoses », du présent texte) ;
  • des parasites : trichomonas, schistosoma, phtiriase (pou du pubis) ;
  • des virus : condylomes acuminés, herpès génital, etc. ;
  • des chancres vénériens avec ganglion inguinal : syphilis, chancre mou ;
  • une ulcération tuberculeuse ;
  • un manque d’hygiène (transpiration, urines) ou, au contraire, des soins d’hygiène excessifs ;
  • des vêtements trop serrés, favorisant la macération ;
  • des rapports sexuels fréquents et multiples, ou l’usage de certains spermicides.

Le traitement est double : traitement des symptômes locaux et traitement de la cause (champignons, virus…).

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

 

Prurit vulvaire

Il s’agit de démangeaisons au niveau de la vulve (petites et grandes lèvres, pubis) qui s’accompagnent d’un besoin impérieux de se gratter allant jusqu’à l’insomnie nocturne.

Les causes de ces démangeaisons sont nombreuses et variées. Il peut s’agir :

  • d’une vulvo-vaginite (Cf. Voir paragraphes suivants) ;
  • d’une inflammation de la peau avec rougeurs et lésions (herpès, aphtose, eczéma) ;
  • d’une irritation locale provoquée par certains produits de toilette, savons acides, médicaments locaux, etc. ;
  • d’une allergie ;
  • d’une affection de la peau irritante généralisée (maladie de Hodgkin, érythrodermie, leucémie, eczéma, etc.).

Le traitement varie en fonction de la cause : antibiotiques, antimycosiques, etc.

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

Bartholinite

Une bartholinite est une inflammation de l’une ou des deux glandes situées dans les grandes lèvres, les glandes de Bartholin.

Les glandes de Bartholin, de la taille d’un petit pois et situées de part et d’autre de la moitié postérieure et arrière de l’orifice du vagin, permettent de sécréter en permanence un liquide filant et incolore contribuant à la lubrification du vagin au moment du rapport sexuel. Elles sont incluses dans le muscle qui aide la vulve à se refermer (constricteur de la vulve).

Cette sécrétion arrive au niveau de l’appareil sexuel par l’intermédiaire du canal excréteur, émergeant entre les petites lèvres.

La bartholinite est une infection aiguë (abcès) de la glande de Bartholin. Cette infection est le résultat d’un envahissement de la glande par des germes provenant du vagin. Ceux-ci sont remontés en utilisant le canal excréteur de la glande. Il peut s’agir également d’une surinfection d’un kyste de la glande de Bartholin due à l’obstruction de son canal d’excrétion. Il faut savoir que la bartholinite est susceptible de survenir durant la grossesse.

La cause d’une bartholinite peut donc être une infection vaginale ou l’infection d’un pseudo-kyste (petite poche ressemblant à un kyste) provoquée par l’obturation du canal excréteur de la glande.

La forme aiguë est très douloureuse ; la douleur, localisée au niveau de la vulve, est lancinante. La fièvre est souvent légèrement élevée. À l’examen, la vulve est déformée par une tuméfaction rouge, chaude, tendue, particulièrement intense dans la partie postérieure de la vulve. Un abcès peut parfois être présent, à l’origine d’un écoulement de pus.

Des bains de siège chauds à la camomille ou l’administration d’antalgiques peuvent calmer la douleur. Le traitement repose sur les antibiotiques et l’incision en cas d’abcès. Dans les cas chroniques, l’ablation de la glande peut être nécessaire. Sans traitement, la bartholinite est susceptible d’évoluer vers un abcès du périnée, c’est-à-dire de la zone comprise entre l’anus et les parties génitales.

Il existe des risques inhérents à l’intervention chirurgicale :

  • La survenue d’un œdème de volume important, quelquefois impressionnant, mais qui régresse spontanément.
  • Certaines patientes, suite à une récidive post-opératoire, peuvent présenter un kyste de la glande de Bartholin.
  • Dans certains cas, on constate même la survenue de cicatrices susceptibles de gêner les rapports sexuels (rarement).

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

Herpès

L’herpès génital est une maladie virale contagieuse, sexuellement transmissible, localisée sur les organes sexuels. Elle est due à l’Herpes Simplex Virus (HSV).

La première infection se manifeste par des démangeaisons, des brûlures ou des picotements. Puis la lésion rougit, de petites cloques remplies d’un liquide translucide apparaissent, éclatent et sèchent en formant des croûtes. Les lésions sont très douloureuses. Une adénopathie inguinale douloureuse (ganglion au niveau de l’aine) est toujours associée à cette primo infection herpétique. Les ulcérations disparaissent en une semaine environ. La cicatrisation est parfois plus longue. En général, les récidives sont plus courtes, moins intenses et moins douloureuses. Leur fréquence est variable.

Cette maladie bénigne peut entraîner des complications chez les sujets présentant une immunodépression (=diminution ou absence de mécanismes immunitaires), que celle-ci soit congénitale ou acquise lors d’un traitement ou d’une maladie.

Si une maman, lors de l’accouchement, présente des lésions génitales herpétiques, son bébé peut être contaminé par le contact direct avec les sécrétions génitales infectées. Lorsque ce risque existe, une césarienne est alors généralement indiquée. C’est pourquoi toute femme porteuse du virus doit en prévenir son médecin lors de sa grossesse.

La contamination se fait par contact direct avec des lésions herpétiques ou des sécrétions génitales infectées. Si un partenaire présente des lésions herpétiques externes (sortes de boutons ou de plaies), le seul contact avec ces lésions est contaminant. Le préservatif ne suffit pas à protéger.

Il est ainsi conseillé d’éviter les rapports sexuels, même sans pénétration, lors d’une poussée herpétique, d’autant que ces rapports sont parfois douloureux.

La contamination se fait donc le plus souvent lors d’un rapport sexuel avec un partenaire porteur du virus, qu’il présente ou non une lésion.

Lors des poussées d’herpès, il est conseillé de se laver les mains régulièrement, en particulier quand elles ont été en contact avec les lésions. Il faut éviter de se toucher les yeux, de partager son linge de toilette, etc.

Le seul traitement est la prescription d’un antiviral, local et oral, à prendre pendant 10 jours pour la primo infection et pendant 5 jours pour les récidives. Ce médicament accélérera la cicatrisation et diminuera la durée de la contagiosité des lésions. Des antalgiques et des anti-inflammatoires peuvent aussi être prescrits. Mais le traitement contre l’herpès ne détruit pas le virus. Il restera à vie dans l’organisme. Cependant, les crises pourront s’espacer jusqu’à pratiquement disparaître. La prise du traitement antiviral oral dès les premiers symptômes, lors d’une nouvelle crise permet d’espacer les récidives.

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

La maladie de Bowen

La maladie de Bowen est considérée comme une tumeur précancéreuse. Elle peut toucher la peau et les muqueuses, en particulier la région vulvaire. Un prurit modéré et localisé attire l’attention. À l’examen, le médecin observe des plaques circonscrites, épaisses et blanches (dite leucoplasie) sur la vulve. Le diagnostic repose sur la biopsie de la zone touchée. Le risque de transformation maligne existe. La papulose bowénoïde en est une variante de la maladie de Bowen. Elle touche les femmes jeunes et est viro induite, déclenchée par le virus HPV. Dans tous les cas un bilan d’extension est indispensable avec un examen gynécologique pour réaliser un frottis cervico vaginal et un examen proctologique. Le traitement repose sur l’ablation chirurgicale, ou la destruction par laser, ou la cryothérapie.

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

 

Le cancer de la vulve

Le cancer de la vulve est rare et survient chez la femme âgée de plus de 60 ans. Le pronostic dépend de la précocité du diagnostic.La femme se plaint parfois de démangeaisons au niveau de la vulve, ainsi que d’une ulcération (=formation d’un ulcère). La biopsie permet le diagnostic. Le traitement consiste en l’ablation chirurgicale de la vulve (vulvectomie). La prévention requiert une bonne hygiène locale, un examen gynécologique régulier, même après la ménopause, et l’ablation immédiate des lésions suspectes. Sources : “Questions de femmes”, Anne de Kervasdoué, Ed. Odile Jacob

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

 

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