La rééducation périnéale

La rééducation périnéale, effectuée par voie endovaginale, favorise la décontraction des muscles que la patiente contracte volontairement ou involontairement : la rééducation s’oriente donc vers une relaxation qui améliore la qualité des rapports sexuels.

Le travail s’effectue en position gynécologique. Le spécialiste est donc amené à effectuer quelques exercices actifs et volontaires avec la patiente, tels que le toucher vaginal, la tension ou l’étirement des muscles pelviens, et bien d’autres encore comme certains dispositifs intravaginaux (sonde vaginale, par exemple). Afin de poursuivre la thérapie en dehors du cabinet du spécialiste, des programmes d’exercices périnéaux quotidiens (gymnastique gynécologique) doivent être effectués à domicile afin d’obtenir des résultats durables.

Le plus souvent, le gynécologue renvoie à certains spécialistes pour pratiquer cette rééducation, tels qu’un kinésithérapeute spécialisé ou une sage-femme. En effet, la sage-femme n’intervient pas uniquement lorsque la perspective d’un nourrisson pointe le bout de son nez ! Celle-ci accompagne la femme dans les différentes étapes de sa vie, ce qui en fait un partenaire privilégié dans un travail de réappropriation du corps. De plus, celle-ci a un abord global de l’équilibre féminin et traite la sexualité aussi bien du point de vue physiologique que psychologique. La sage-femme peut être d’une grande aide : écoute professionnelle de la patiente, interlocutrice privilégiée en ce qui concerne la connaissance des organes sexuels féminins, accompagnement général de la patiente,…

Parmi ces exercices de rééducation périnéale, il existe notamment les méthodes du biofeedback et de l’électrostimulation, expliquées ci-contre.

* L’électrostimulation est une forme de rééducation passive. La stimulation musculaire est réalisée par un courant électrique en basse fréquence émis au moyen d’une sonde vaginale ou anale. Ni douloureuse ni pénible, elle ne doit cependant être pratiquée que si nécessaire, par séances de 15 minutes. Mais cette technique, qui ne fait pas intervenir personnellement la patiente, peut être moins efficace que d’autres.

Des contre-indications existent, qui sont à ne pas négliger. Il s’agit notamment de personnes ayant un pacemaker, une obstruction urétrale, une pathologie du haut appareil urinaire, une dénervation totale du plancher pelvien, un écoulement sanguin en dehors des règles, une cystite évolutive, etc. Le thérapeute est le seul capable d’émettre un avis favorable ou non sur l’utilisation de cette méthode.

* Le biofeedback est une méthode qui demande une participation personnelle beaucoup plus active, du temps et une certaine disponibilité. La femme est guidée par un appareil qui l’aide à visualiser la contraction des muscles, à prendre conscience de leur action et ainsi à la corriger. Cette méthode utilise des signaux sensoriels – visuels et auditifs – dont l’intensité est directement liée au niveau de contraction de la musculature périnéale. Des électrodes sont placées à cet effet sur le ventre et dans le vagin. Cette rééducation permet d’identifier le tonus, de faciliter le relâchement musculaire et d’améliorer la capacité de la contraction.

 

Témoignage « Rééducation périnéale avec un kinésithérapeute »

 

« Et bien bilan : franche réussite ! Et de l’espoir à revendre, plus qu’au-delà de la barre des 100 %. On a de suite démarré avec les massages, un gant chacune, elle a directement placé le doigt à l’entrée du vagin, prête à le retirer si je ne me sentais pas à l’aise, bien sûr.

Elle m’a expliqué comment contracter et décontracter mes muscles… au début, j’avais l’impression d’être serrée de la tête aux pieds, et de “reculer”, de faire un mouvement en arrière pour l’éviter, réflexe de peur sûrement. Elle a attendu, et j’ai appliqué les exercices de respiration conseillés par l’association Les Clés de Vénus. Elle a trouvé ça très bien et m’a fait contracter quand j’inspirais, retenir tout pendant que je bloquais ma respiration, et relâcher en expirant… elle comptait 3 temps à chaque fois. Elle m’a énormément encouragée et rassurée, me disant que ça se passait très bien.

À certains moments, elle me demandait d’arrêter après un relâchement et elle remuait un peu, m’expliquant qu’elle massait les parois du vagin pour assouplir les muscles (je crois). Bon, là, rapidement, sans m’en rendre compte, je recontractais, donc on reprenait l’exercice tranquillement.

Puis elle m’a fait mettre mon doigt là où était le sien (elle a enlevé le sien) pour que je sente le mouvement de décontraction. Bon alors, honnêtement, je n’ai rien senti ; franchement, autour de mon doigt, je ne sentais pas de mouvement significatif ; peut-être n’étais-je pas assez loin.

Par contre, autant quand c’était son doigt, j’avais la sensation de quelque chose de « tendu » (une peau par exemple) et donc ça piquait un peu (rien d’insurmontable, loin de là, je vous rassure de suite !) ; autant quand c’était mon doigt, aucune douleur, même infime. Mais je répète : peut-être n’étais-je p as très loin. Voilà… ça a duré une demi-heure… Elle est très, très positive, m’a dit qu’on réglerait ça rapidement et que pour une première fois c’était vraiment rapide et très bien… moi qui aie besoin d’être rassurée, ça m’a vraiment fait du bien. Elle est très gentille, rigolote et ne met absolument pas mal à l’aise ! »

Marjolaine, 22 ans