Guérir du vaginisme

Pendant des mois, voire des années, le vaginisme paralyse les femmes, sème en elles des pensées plus ou moins noires qui les suivent, les empêche de vivre leur sexualité comme elles le veulent, leur rappelle que leurs muscles sont trop contractés et, par voie de conséquence, les ramène inexorablement dans l’impossibilité d’entrevoir le bout du tunnel. Pour beaucoup, la guérison est abstraite, utopique, voire impossible.

Bien souvent, le vaginisme est synonyme de phobie, de culpabilité, de mutisme, de honte, de souffrance morale, voire physique, et pourtant nombreuses sont celles qui s’en sont sorties.

Le vaginisme, rappelons-le, n’est pas une maladie. Le vaginisme est un trouble sexuel qui se soigne très bien.

Guérir du vaginisme n’est pas fondamentalement une chance, guérir du vaginisme est à la portée de chaque femme. La confiance et la motivation sont des atouts majeurs pour réussir à l’affronter. La guérison existe, elle est palpable, concrète et bien réelle.

Chaque femme est différente dans l’approche de son corps et dans l’approche d’une thérapie qui peut être envisagée pour cheminer plus positivement.

Pour certaines, la connaissance du corps passera par l’étape d’une ou plusieurs thérapies ; pour d’autres, il s’agira de faire des exercices. Pour d’autres encore, il s’agira d’allier thérapies et exercices. C’est souvent la combinaison des deux – thérapie du corps pour combattre le réflexe musculaire et thérapie de l’esprit pour combattre le trouble à la source – qui apporte les meilleurs résultats.

Le vaginisme est bien souvent le signe d’une méconnaissance de son corps et de l’appréhension, voire de la phobie de la pénétration. Il est bon de rappeler que l’apprentissage se fait au rythme de chacune. Pour certaines, il ne faudra que peu de temps pour découvrir leur corps, alors que pour d’autres, il faudra plusieurs mois.

Quand la thérapie avance, quand les exercices sont pratiqués de façon régulière, constante, la confiance grandit. Plus la confiance grandit et plus les prémices d’une éventuelle pénétration se font ressentir. Beaucoup de guéries parlent d’un déclic. Il s’agit souvent d’une envie d’être pénétrée. L’envie commence à monter, le besoin d’aller plus loin devient omniprésent. La pénétration, jusque-là source d’angoisse ou de répulsion, devient objet de désir, signe que le mental est prêt à mettre fin à ce vaginisme.

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Témoignages

« Durant ces quatre longues années, nous n’avons jamais réussi la pénétration complètement et surtout jamais sans douleur. (…) Nous étions vierges tous les deux, ce qui nous a fait douter encore plus. Et si je faisais l’amour avec quelqu’un d’autre, est-ce que ça marcherait ? Dans le cas où ça ne marcherait pas non plus, ça voudrait dire que ça vient de moi ? Ces questions sont souvent revenues. (…) Ma guérison, je la dois aux exercices, à mes consultations chez une psychologue pour régler mes soucis familiaux, à mon chéri, à ma meilleure amie, et bien sûr à vous [les membres du forum]. Il y a eu des hauts et des bas, avec des victoires et des régressions, mais votre soutien m’a toujours permis de repartir. Je voudrais dire à toutes celles ici qui ne sont pas encore guéries qu’il faut toujours y croire. L’espoir, la motivation et le soutien sont les trois armes essentielles. Je vous souhaite à toutes de découvrir un jour ce moment magique de partage avec votre partenaire. Aujourd’hui, je me sens plus femme, heureuse, et surtout je crois plus en ma capacité à surmonter les obstacles de la vie. Suite à cette guérison, j’ai commencé à me libérer petit à petit de mon passé douloureux avec ma famille. J’ai encore du travail à faire de ce côté-là, mais je me sens plus forte. Le vaginisme m’aura finalement permis de me renforcer, de croire un peu plus en moi. » Nadia, 25 ans.

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« J’ai décidé de citer les étapes-clés du point de vue des exercices qui m’ont menée petit à petit vers la guérison.
– Le 13/02 : ma présentation à vous [les membres du forum d’entraide].
– Le 14/02 : l’étape du miroir.
– Le 15/02 : une phalange.
– Le 23/02 : trois quarts du dilatateur no 1.
– Le 09/03 : dilatateur no 1 entièrement.
– Le 14/03 : un tiers du dilatateur no 2.
– Le 20/03 : la moitié du pénis de mon chéri.
– Le 23/03 : un tiers du dilatateur no 3.
– Le 29/03 : 7 cm du dilatateur no 3.
– Le 02/04 : trois quarts du pénis.
– Le 09/05 : la pénétration est possible, sans douleur, et j’ai même eu droit à un orgasme !! Je suis guérie, c’est un moment magique ! Anne, 30 ans.

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« Première étape, il s’agit de parvenir à rentrer un doigt. Ce fut, pour ma part, la plus longue et la plus difficile. Ça a pris du temps. Alors, le soir, seule (j’étais alors célibataire), je m’allongeais sur mon lit, je mettais une musique calme et relaxante, je respirais à fond, bref, je faisais tout pour me détendre. Une fois détendue, j’essayais de rentrer un doigt. Au début, ça ne passait pas. La solution n’est pas de s’énerver et de se mettre la pression. Sinon, ça bloque, c’est normal, on contracte. Alors, je me suis dit : « Tant pis, je mettrai le temps qu’il faudra, je vais pas me mettre la pression, mais je vais y arriver. » Au bout de quelques jours, je parvenais à rentrer le bout du doigt. Comme je ne me mettais pas la pression, je me détendais de plus en plus facilement et finalement, j’ai réussi, petit à petit, à rentrer le doigt complet, sans douleur. Puis, au bout de quelque temps, à le bouger (va-et-vient) à l’intérieur, sans douleur, je suis passée à la deuxième étape.

2e étape : deux doigts. Ça a été plus facile. Là, j’ai compris que mon vagin n’était pas étroit comme je le visualisais et surtout qu’il était extensible. Bref, je suis partie en exploration. Plus ça allait, plus je me détendais et plus c’était facile. Entre-temps, j’ai rencontré mon homme qui, depuis et toujours maintenant, m’aide énormément.

3e étape : trois doigts. J’appréhendais, mais ce fut assez facile en fait. Encore une fois, on ne fonctionne pas toutes de la même manière.

4e étape : tentative de pénétration. Au départ, ça n’a pas du tout marché, j’étais super déçue. Mon homme m’a vraiment rassurée et m’a aidée à dédramatiser. On y est allé petit à petit. Au début, pas de pénétration, il se contentait de toucher l’entrée de mon vagin avec son sexe, pour que je m’habitue au contact et que l’appréhension s’amenuise. Puis, ensuite, on a essayé de rentrer un petit peu. Ça a marché. Puis, petit à petit, on en est arrivés aux trois quarts, sans jamais forcer, en cessant immédiatement à la moindre douleur. » Marie, 26 ans.