C’est quoi ?

Définition

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Le vaginisme est un trouble sexuel peu connu qui concerne pourtant des milliers de femmes.

Le vaginisme est un dysfonctionnement sexuel assez fréquent. Il se traduit par une contraction involontaire : c’est le resserrement réflexe des muscles du plancher pelvien (muscle entourant le vagin) qui se produit lorsqu’il y a tentative d’insérer un objet dans le vagin (tampon, spéculum, pénis, etc.). Cette contraction peut rendre la pénétration impossible (le vagin étant alors totalement clos) ou possible mais très douloureuse.

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), la définition du vaginisme est axée sur la contraction vaginale : « Une contraction involontaire, répétée, persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin en cas de tentative de pénétration par le pénis, doigt, tampon ou spéculum. »

 

Vaginisme : un mécanisme de contraction involontaire des muscles pelviens

 

 

Par définition, les organes génitaux sont normaux et indemnes de toute pathologie, mais à chaque tentative de pénétration, l’orifice vaginal se referme par un mécanisme réflexe totalement involontaire des muscles périvaginaux. Il s’agit donc de spasmes involontaires que la femme ne maîtrise pas. Chez certaines femmes, la simple anticipation d’une pénétration vaginale peut déclencher cette contraction.

Pour mieux comprendre, beaucoup de médecins comparent cette contraction à un clignement de l’œil lorsqu’une poussière nous gêne ou qu’un insecte s’en approche.

En général, la contracture musculaire n’est pas douloureuse en elle-même. Par contre, une douleur peut être ressentie en cas de tentative de pénétration alors que le vagin est « fermé ». Ce n’est donc pas le vaginisme qui provoque une éventuelle douleur, mais, parfois, la tentative de pénétration. La femme rentre alors dans un cercle vicieux : l’appréhension de la douleur déclenche la contracture, provoquant ainsi la douleur, ce qui ne fait qu’augmenter l’appréhension de la pénétration. Lorsqu’elle est présente, cette douleur est très réelle, et non « dans la tête ».

Sans titreCercle vicieux du vaginisme

Le vaginisme peut faire partie d’un phénomène plus complet de refus, voire de phobie de la sexualité, de frigidité. Mais souvent il n’empêche pas la réponse sexuelle normale, l’excitation, la lubrification et l’orgasme produits par la stimulation clitoridienne.

Distinction

Il est possible de distinguer deux types de vaginisme selon le moment où celui-ci est apparu :

  • Le vaginisme primaire : le vaginisme est primaire si la pénétration s’est avérée impossible ou difficile depuis toujours. La forme primaire représente la forme la plus fréquente de vaginisme. Il apparaît au début de la vie sexuelle de la femme. La femme est donc souvent vierge.
  • Le vaginisme secondaire : le vaginisme est secondaire s’il apparaît après une vie sexuelle satisfaisante et sans problème particulier.

 

On peut aussi distinguer les vaginismes selon leur étendue :

  • Le vaginisme est dit « global » lorsqu’il se produit dans toutes les situations et avec tout objet : quel que soit le partenaire, quel que soit la tentative de pénétration (examen gynécologique, tampon, rapport sexuel…).
  • Le vaginisme est dit « situationnel » lorsqu’il ne se produit que dans certaines situations, par exemple avec un partenaire mais pas d’autres, ou lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ni lors d’examens pelviens, ou vice versa. Le vaginisme ne rend donc pas toujours toute pénétration impossible.

 

Un trouble qui se soigne !

Le vaginisme est un problème beaucoup plus commun qu’on ne le croit. Les femmes vivant avec le vaginisme ont souvent honte. Elles n’en parlent à personne. C’est malheureux, car il est plus facile de traiter le vaginisme lorsqu’il ne se manifeste que depuis quelques mois plutôt que depuis plusieurs années…

C’est pour combattre ces tabous et permettre aux femmes de parvenir à un épanouissement sexuel que l’association LES CLÉS DE VÉNUS a été créée. Son but est d’informer le grand public de ces dysfonctionnements sexuels et de venir en aide aux femmes qui en sont atteintes et à leurs proches.

De nombreux couples, vivant ensemble depuis des années, n’ont pas de rapports sexuels à cause du vaginisme. Certains d’entre eux ont même eu des enfants grâce à la méthode dite « seringue » (le sperme, éjaculé à l’extérieur, est recueilli par la femme grâce à une seringue et déposé dans son vagin).

Beaucoup de femmes vivant avec le vaginisme ont une vie sexuelle très active, sans toutefois avoir de rapports sexuels avec pénétration. Il se peut que le couple soit heureux dans la situation telle qu’elle est, et qu’il préfère ne pas tenter de la changer.

Il est cependant tout à fait possible de guérir de ce vaginisme. Le vaginisme n’est pas une fatalité, quelle que soit sa durée. Les femmes vaginiques croient souvent qu’elles sont « trop étroites » et que leur vagin doit être étiré. Cette pensée à elle seule est pénible ! En fait, les femmes vivant avec le vaginisme n’ont pas besoin « d’étirer » quoi que ce soit. Elles doivent simplement « désapprendre » ce réflexe musculaire involontaire. Pour cela, elles peuvent notamment apprendre à contrôler les muscles autour du vagin, ce qui peut se faire à l’aide d’exercices.

 

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.