Méthodes hormonales

Elles consistent à augmenter dans l’organisme la quantité de certaines hormones produites naturellement pendant le cycle féminin afin d’empêcher la conception.

Toutes ces méthodes hormonales peuvent avoir des effets secondaires, très variables, et supportés plus ou moins bien selon les femmes : prise de poids, migraines, augmentation de la pilosité, irritation, « spotting » (pertes de sang en dehors des règles), nausées.

Beaucoup moins souvent citées par les médecins, mais assez fréquemment par les femmes, des difficultés sexuelles peuvent également apparaître : baisse de la libido, sécheresse vaginale, douleurs vulvaires ; ces difficultés s’interrompent en changeant de contraception.

Si le lien entre pilule et vestibulodynie n’est pas démontré avec précision, plusieurs femmes ont constaté l’arrêt de leurs douleurs vulvaires ou la guérison de leur vestibulodynie suite à l’arrêt de leur pilule contraceptive.

Attention, chaque femme réagit à sa manière : telle pilule qui ne convient pas à l’une conviendra parfaitement à l’autre. C’est pourquoi il est bon de prendre avec un certain recul les discussions que l’on peut lire sur Internet, de type : « La pilule x est-elle bonne ? », « La pilule z engendre-t-elle tels effets secondaires ? », etc.
Il ne faut pas hésiter à demander à votre médecin de changer de type ou de dosage de pilule, ou de type de contraceptif, si vous pensez qu’un trouble que vous constatez peut venir de votre méthode contraceptive.

 

Les pilules contraceptives

Les pilules dites « combinées » associent œstrogènes et progestatifs. Elles introduisent dans l’organisme des hormones que celui-ci génère normalement pendant la grossesse, période où l’ovulation n’a pas lieu : le corps, conformément à ces « instructions hormonales », bloque le processus ovulatoire. Elles modifient l’endomètre (paroi interne de l’utérus), évitant ainsi une éventuelle nidation. Enfin, la glaire est également modifiée, empêchant les spermatozoïdes de franchir le col de l’utérus. Ces pilules existent avec différents dosages des deux hormones utilisées.

Les pilules dites « progestatives », appelées encore « micropilules », n’utilisent qu’une faible dose de progestatifs. Ces pilules n’empêchent pas l’ovulation, mais provoquent l’épaississement de l’endomètre et les modifications de la glaire, comme les œstro-progestatifs. Certaines « micropilules » dernière génération agissent désormais sur l’ovulation. Cette pilule est conseillée pour les femmes qui fument, qui sont obèses, qui ont déjà fait une thrombose veineuse profonde, qui ont des troubles de la circulation du sang ou qui sont diabétiques. Votre médecin saura vous prescrire la pilule qui vous convient.

L’efficacité des pilules contraceptives est très grande en « utilisation parfaite », c’est-à-dire sans aucun oubli et avec une prise à heure fixe (taux d’échec de 0,3 % selon l’OMS). Mais cette méthode ne convient pas à toutes les femmes. Actuellement, en France, la majorité des grossesses non désirées survient chez des femmes sous pilule contraceptive (taux d’échec en usage typique selon l’OMS : 8 %) : cette contraception très efficace demande donc un minimum de discipline personnelle !

Enfin, si vous avez eu un rapport sans contraceptif, la contraception d’urgence ou « pilule du lendemain » empêche ou perturbe l’ovulation, rendant le risque de fécondation relativement faible. Ce risque est d’autant plus faible si elle est prise tôt : elle est efficace à 80 % utilisée dans les 72 heures suivant le rapport à risque. Elle ne présente aucune difficulté d’usage. Son taux d’échec relatif et le stress inhérent à ces situations mal contrôlées suggèrent cependant qu’une contraception régulière est préférable au quotidien.

 

 

Le SIU hormonal, dit « stérilet »

Rappelons d’emblée que l’appellation « stérilet » est impropre puisque ce dispositif ne rend pas stérile.

Le SIU est un système intra-utérin hormonal qui contient un réservoir de lévonorgestrel, une sorte de progestatif. Il est placé par le médecin au fond de l’utérus pour une période de 5 ans maximum.

Il agit sur l’endomètre, l’ovulation et la glaire cervicale. Son efficacité est égale à celle de la pilule, le risque d’oubli en moins. Les règles peuvent en être diminuées, voire supprimées, et les douleurs menstruelles sont réduites.

Le SIU présente en revanche les mêmes inconvénients que toute contraception hormonale (migraine, nausées), ainsi que des douleurs abdominales ou dorsales.

Le SIU hormonal peut être difficile à poser sur une femme vaginique ou atteinte d’une vulvodynie si elle ne supporte pas du tout l’examen gynécologique. En revanche, le fait de ne pas avoir encore eu d’enfant n’empêche en aucun cas la pose d’un SIU. Mais il peut être contre-indiqué dans certains cas : infection vaginale, affection hépatique grave, etc. Votre médecin saura vous conseiller.

Le SIU s’obtient sur prescription médicale et coûte 126 €. Il est remboursé à 65 % par la Sécurité sociale.

 

 

L’implant

L’implant est un bâtonnet cylindrique de 4 cm de long et 2 mm de diamètre. Il délivre une hormone dite de « 3e génération ». Il agit en bloquant l’ovulation et en modifiant la glaire cervicale. Il se met et se retire très rapidement par votre médecin, sous anesthésie locale, pour une durée de 3 ans maximum. Son taux d’échec, puisqu’il n’y a pas de risque d’oubli ou de mauvais positionnement, est de 0,05 %.

Il s’obtient sur prescription médicale et coûte 125 €, remboursés à 65 % par la Sécurité sociale.

L’implant peut présenter certains effets indésirables, en plus de ceux de toute contraception hormonale :

  • des saignements hors règles dans 27 % des cas ;
  • une absence totale de règles dans 19 % des cas ;
  • une petite cicatrice de 2 mm après le retrait.

 

Le patch

Le patch contraceptif est un patch de 20 cm2, de couleur chair, qui s’applique sur certaines zones du corps (hanche, ventre, cuisse ou épaule). Il libère une hormone dite de « 3e génération ».

Il faut utiliser un patch par semaine : 3 semaines avec et une semaine sans, pendant laquelle surviennent les règles. Il s’obtient par prescription médicale en pharmacie et coûte 15 € pour un cycle.

Le patch et l’anneau fonctionnent selon le même principe que les pilules œstro-progestatives : ils bloquent l’ovulation et modifient la glaire cervicale. Le patch présente un taux d’échec moindre que la pilule en usage typique (6 %), ce qui n’est pas le cas de l’anneau vaginal (8 %), sans doute en raison de la difficulté de sa pose.

Le patch ne présente pas de difficulté d’utilisation. L’anneau, que la femme doit placer elle-même dans son vagin une fois par mois et retirer trois semaines plus tard, peut sembler plus difficile à utiliser quand on est vaginique ou atteinte d’une vulvodynie.

 

L’anneau vaginal

L’anneau contraceptif est un anneau de 5,4 cm qui se place au fond du vagin, autour du col de l’utérus. Il faut utiliser un anneau par cycle : 3 semaines avec et une semaine sans, pendant laquelle surviennent les règles. Il s’obtient en pharmacie sur prescription médicale et coûte 15 € environ.