Les traitements

Chaque patiente étant différente, nous allons donc essayer de vous donner ici des pistes afin que chacune puisse élaborer son programme curatif personnel et soulager ses symptômes, le but premier étant de pouvoir reprendre une activité sexuelle avec pénétration sans les aggraver et d’avoir des rapports au cours desquels le plaisir pourra l’emporter sur la douleur.

1) LES TRAITEMENTS LOCAUX

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Les gels anesthésiants

Les gels anesthésiants peuvent être utilisés de deux manières : ils peuvent être utilisés avant ou après les rapports pour en atténuer la douleur, ou bien en traitement de fond pour désensibiliser progressivement le vestibule à la douleur.

Dans le cas de la première indication, le gel devra être appliqué au moins dix minutes avant la pénétration afin qu’il ait le temps de faire effet. Après le rapport, appliquer généreusement une crème cicatrisante sur la partie endolorie.

En traitement de fond, le gel anesthésiant est utilisé plusieurs fois par jour sur la zone douloureuse pendant plusieurs mois. En principe, la fréquence d’application est de 5 à 6 fois par jour en début de traitement, puis cette fréquence est réduite au fur et à mesure de l’amélioration des symptômes. Ce traitement a pour effet de bloquer les nerfs périphériques qui sont responsables de la perception de la douleur.

Certaines patientes voient leurs symptômes soulagés par les gels anesthésiants, tandis que d’autres, au contraire, ne les supportent pas et ressentent de vives brûlures à l’application. Sachez qu’il est normal de ressentir un léger échauffement à l’application du traitement ; en cas de fissures les sensations de brulures peuvent être accentuées, commencez alors par pratiquer des massages doux quotidiennement jusqu’à cicatrisation des fissures puis entamez le traitement à base de xylocaïne. Dans le cas d’un traitement de fond, il est normal que les effets mettent plusieurs mois avant de se faire ressentir, il ne faut donc pas arrêter le traitement au bout de quelques jours sous prétexte que l’on ne voit pas d’effets immédiats. Comme dans la plupart des traitements contre la vestibulodynie provoquée, la patience est de rigueur.

2) LES TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX

Les crèmes à base d’œstrogènes

Si vous présentez, en plus de votre vestibulodynie provoquée, une sécheresse vaginale importante, votre médecin pourra vous prescrire une crème à base d’œstrogènes. En application quotidienne pendant une vingtaine de jours, ce traitement aura pour but de réhydrater la muqueuse et de la rendre plus souple. Cela peut être une première approche intéressante puisqu’elle est associée à un massage doux de la zone douloureuse et permet de cicatriser d’éventuelles fissures ainsi que d’en prévenir de nouvelles.

Les crèmes hydratantes et cicatrisantes

Elles sont l’auxiliaire indispensable de toute patiente souffrant de vestibulodynie provoquée. Elles permettent la cicatrisation et la prévention des fissures ; appliquées directement après les rapports sexuels, elles soulagent les irritations causées par ceux-ci. Néanmoins, il convient de les sélectionner avec soin et d’exclure systématiquement toutes les crèmes hydratantes et autres gels de toilette intime vendus en parapharmacie qui contiennent entre autres du parfum et de l’alcool ainsi que certains conservateurs susceptibles d’aggraver ou d’entretenir les symptômes. Il faudra au contraire privilégier les crèmes hydratantes sans parfum et avec le moins d’ingrédients possibles. Si un produit entraîne un prurit et des rougeurs importantes, il faudra l’arrêter au plus vite, conserver l’emballage et le montrer à votre médecin.

Une fois que la patiente aura trouvé le produit qui lui convient, elle pourra l’utiliser aussi souvent qu’elle le souhaite, dans l’idéal au moins 2 ou 3 fois par jour, et après chaque rapport.

 

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Les antidépresseurs tricycliques

D’abord utilisés pour traiter la dépression, on leur a vite reconnu des propriétés antalgiques et ils sont désormais prescrits pour traiter certains types de douleurs chroniques comme celles ressenties dans les vulvodynies. Ils agissent directement sur la fibre nerveuse qui transmet la douleur et bloquent le message de douleur envoyé par le cerveau. On utilise principalement l’Amitryptiline (commercialisée sous le nom Laroxyl®), prescrite à faibles doses, ce qui limite les effets secondaires, même s’il est possible de ressentir une légère somnolence en début de traitement.

 

Les anticonvulsivants

La molécule la plus fréquemment utilisée pour traiter les douleurs neuropathiques est le Clonazepam (Rivotril®) qui agit également sur la perception de la douleur. Cette molécule utilisée sur le long cours peut néanmoins entraîner une dépendance ; il convient donc de l’utiliser avec prudence et de l’arrêter de manière progressive. La prescription initiale de cette molécule est réservée aux neurologues et aux pédiatres : donc elle est, de fait, de moins en moins prescrite par les médecins impliqués dans les vulvodynies.

D’autres molécules à visée antalgique peuvent être prescrites en seconde intention pour le traitement des vulvodynies mais leurs effets secondaires ne sont pas négligeables.

Texte relu et validé par un dermatologue le 19 mai 2014.

 

FG