C’est quoi ?

Définition

La vulvodynie (littéralement : « vulvo- » = vulve, « -dynie » = douleur ; le terme « vulvodynie » signifie donc « douleur relative à la vulve ») se définit comme une douleur chronique ou périodique souvent généralisée sur l’ensemble de la vulve. Il s’agit de douleurs vulvaires sans lésion réelle, parfois entrecoupées de rémissions, qui se traduisent par des sensations douloureuses localisées sur tout ou une partie de la vulve.

L’un des symptômes révélateurs est la dyspareunie (douleur pendant les rapports) : elles vont parfois jusqu’à rendre impossible toute pénétration vaginale. Cependant, la douleur peut également se manifester dans d’autres situations de pression exercée sur la vulve (vélo, équitation, vêtements serrés, serviettes périodiques, etc.).

La douleur vulvaire alors ressentie peut s’apparenter selon les femmes à : une brûlure, un échauffement, une irritation, une douleur fulgurante dans toute la région vulvaire, une sensation de coupure de feuille de papier, un déchirement durant le coït (sensation d’être déflorée à chaque rapport sexuel), dans certains cas, une sensation de « vulve râpée » ou « à vif », la sensation d’une lame de rasoir sur la peau, etc.

Cette douleur chronique peut être ressentie soit lors des relations sexuelles (lors de la pénétration ou des contacts avec la vulve), soit de manière spontanée, constante et continue, même en dehors des relations sexuelles (mais la pression vulvaire et les contacts sexuels tendent à l’aggraver).

Comme pour toute douleur chronique, une approche multifactorielle du problème est nécessaire (gynécologique, dermatologique, psychologique, sexuelle). La vulvodynie n’est pas une « maladie incurable ». La majorité des patientes guérissent de leur vulvodynie, l’amélioration se produisant dans des délais variables selon les cas.

Responsables de « dyspareunies » (douleurs pendant les rapports sexuels), ces douleurs vulvaires touchent 5 % des femmes âgées de moins de 25 ans ; toutes classes d’âges confondues, c’est une femme sur six qui en souffre (Source : www.canadian-health.ca/1_3/27_f.html)

 

 

Diagnostic

Le diagnostic de vulvodynie repose sur l’examen clinique. Seul un médecin spécialisé pourra poser un diagnostic sur. Il convient donc, dans tous les cas, de consulter un spécialiste en vulvodynies (voir notre Annuaire). Il peut s’agir d’un gynécologue, mais aussi d’un dermatologue ou d’un vénérologue.

La peau de la vulve présente souvent une apparence normale, et l’examen clinique démontre l’absence d’anomalie décelable. Mais la réalité de la douleur n’est pas mise en doute. Il convient de nommer la maladie (vulvodynie) et d’expliquer que c’est actuellement le motif le plus fréquent de consultation dans les centres de pathologie vulvaire.

Sachez que ce n’est ni une maladie sexuellement transmissible, ni un cancer, ni un état précurseur de cancer.

D’éventuels examens complémentaires permettront d’écarter toute autre cause ainsi que d’identifier une infection associée, source de majoration occasionnelle ou récurrente de l’inconfort vulvaire (candidose, herpès, infection urinaire).

Si une lésion vulvaire est découverte, il convient de s’assurer qu’elle est pertinente, c’est-à-dire qu’elle explique effectivement l’inconfort vulvaire chronique.

 

Causes

Les causes des vulvodynies sont encore inconnues, mais l’on ne saurait affirmer pour autant qu’elles ne sont que « psychologiques ». Cependant, les répercussions psychologiques de cet inconfort chronique doivent néanmoins être prises en compte.

Les rapports sexuels douloureux ou impossibles donnent parfois à ces femmes de forts sentiments de culpabilité et d’impuissance.

Les examens gynécologiques très douloureux sont également souvent source d’angoisse car, malheureusement, trop peu de médecins connaissent cette affection ou acceptent de la considérer comme une pathologie à part entière.

Des études ont montré que les antécédents d’abus sexuels n’étaient pas plus fréquents chez les femmes souffrant de vulvodynies. Les abus sexuels ne sont donc plus considérés comme étant des causes de vulvodynies.

 

 

2) VESTIBULODYNIE (ou « vestibulite »)

 

Définition

Parmi ces vulvodynies, il en est une appelée « vestibulite » ou « vestibulodynie » , car elle est localisée sur la zone de la vulve dite « vestibule », à l’entrée vaginale. C’est la plus fréquemment diagnostiquée.

La vestibulite est une forme particulière de vulvodynie, la plus fréquente. Littéralement, ce terme signifie « inflammation du vestibule vulvaire ». Ce terme, impropre puisqu’il ne s’agit pas d’inflammation, a été remplacé par celui de vestibulodynie.

La vestibulodynie est une pathologie encore trop peu connue qui touche la région inférieure du « vestibule », zone en forme de « fer à cheval » (en rouge sur le schéma) entourant l’entrée du vagin.

La vestibulodynie se traduit par une douleur localisée. Celle-ci peut se manifester soit lors de tout contact (rapports sexuels, port d’un vêtement trop serré, position assise prolongée, etc.), soit uniquement lors d’une tentative de pénétration.

En général, elle provoque une douleur intense lors des rapports sexuels et, le plus souvent, lors de l’introduction de tout corps étranger dans le vagin (doigt, tampon périodique, etc.).

La douleur se situe entre les petites lèvres et l’entrée du vagin. Les femmes atteintes de vestibulodynie comparent leur douleur à celle d’une brûlure, de « coups de couteaux » ou encore à la sensation de perdre leur virginité à chaque rapport sexuel.

Les femmes atteintes de vestibulite vulvaire sont moins sujettes aux douleurs chroniques que les femmes atteintes des autres formes de vulvodynies ; dans le cas de la vestibulodynie, la douleur est généralement engendrée lors d’un contact physique avec la région vulvaire. On parle alors de « vestibulodynie provoquée« .

fff

fff

vesti

Schéma de face d’une vulve
(en rouge, zone touchée par la vestibulodynie)
N.B. : chaque vulve étant différente, le vestibule n’est pas toujours facile à identifier par soi-même, la zone en rouge ci-dessus pouvant être beaucoup plus étroite.

 

 

 

 

 

Diagnostic

hh

qtip

Test du coton-tige

Il est très simple de diagnostiquer une vestibulodynie grâce au « test du Q-tip », ou « test du Coton-Tige ». Il vaut mieux réaliser ce test de préférence après avoir écarté toute hypothèse d’infection, de mycose, etc.

Le test consiste à poser un Coton-Tige sur le vestibule. Si la douleur est immédiate, le test est positif. Les médecins qualifient cette douleur de « douleur exquise », ce qui veut dire « douleur très localisée ».

Il est important de préciser que seul le test du Coton-Tige permet de déceler une vestibulodynie. En dehors de ce test, l’examen gynécologique s’avère être totalement normal.

Il n’est cependant pas toujours évident de faire ce test soi-même, notamment en raison de la difficulté à bien identifier le vestibule. C’est pourquoi il est préférable de consulter un spécialiste en vulvodynies. En effet, appliquer un Coton-Tige à cet endroit sensible du corps est désagréable pour la majorité des femmes, atteintes de vestibulite ou non. Or, il peut être ardu pour les non-spécialistes de bien faire la différence entre une simple gêne, une douleur légère et une douleur de type « exquise ».

Le diagnostic du spécialiste reste donc primordial !

 

 

Causes

Les causes de la vestibulodynie sont multiples et divisent encore les médecins. Parmi les plus crédibles, on trouve les vaginites (champignons ou mycoses) à répétition, la prise de la pilule trop précoce ou prolongée, des allergies ou encore une densité nerveuse au niveau du vestibule plus élevée que la normale.

Nous insistons sur le fait que les troubles psychologiques sont une conséquence, et non une cause de la vestibulodynie.

Certaines études mettraient en cause, dans certains cas de vestibulodynie, une « névralgie du nerf pudendal » (affection d’origine nerveuse touchant le nerf pudendal, situé dans une région profonde de la fesse et desservant toute la région pelvienne, donc les zones les plus intimes du corps).

 

Bon à savoir

Pour les adhérents, ce texte est disponible en version pdf imprimable sur simple demande à l’adresse mail de l’association : lesclesdevenus@gmail.com (Pensez à indiquer votre numéro d’adhérent).

h

Sources

  • www.therapeutique-dermatologique.org (créé par la fondation Renée Touraine, Paris) ;
  • www.aly-abbara.com (site personnel du Dr Aly Abbara, gynécologue et obstétricien, Paris) ;
  • le Laboratoire d’étude de la douleur gynécologique (dirigé par Sophie Bergeron, professeur agrégée au département de sexologie de l’université du Québec, Montréal) ;
  • le 5e Congrès de gynécologie obstétrique et reproduction de la Côte d’Azur (11-13 septembre 2008, article de Serge Fayard).
  • Site de l’association AFAP-NP

 

 

Texte en cours de réécriture…