La Sophrologie et les douleurs sexuelles féminines

Selon la définition officielle de l’Association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans ces termes« .
La douleur reposant donc avant tout sur le ressenti du patient, cela la rend difficile à quantifier et à qualifier. De plus, elle n’est pas systématiquement liée à une lésion, une caractéristique qui complexifie encore son étude.
La douleur une sensation subjective normalement liée à un message de douleur, un stimulus nociceptif transmis par le système nerveux. D’un point de vue biologique et évolutif, la douleur est une information permettant à la conscience de faire l’expérience de l’état de son corps pour pouvoir y répondre.

Les douleurs sexuelles féminines peuvent être multiples, nous pouvons les considérer dans diverses pathologies comme l’endométriose, la névralgie pudendale, le vaginisme, la vestibulodynie, les vulvodynies, la sécheresse vaginale…et les douleurs posttraumatiques.
L’accompagnement dans la prise en charge des douleurs sexuelles féminines doit être multidimensionnel et souvent pluridisciplinaire. Nous ne pouvons accompagner la douleur physique sans considérer et écouter la douleur psychique et émotionnelle. En sophrologie, le corps , le mental et les émotions vont de pairs, ils sont indissociables.

Qu’est ce que la sophrologie ?

 La Sophrologie est une méthode, une approche globale centrée sur la personne mobilisant le corps et l’esprit par des techniques de respiration, de visualisation et de mouvements du corps , afin de mobiliser nos ressources positivement et nous adapter à chaque événements de la vie.
Créée dans les années 1960 par un neuropsychiatre Alfonso Caycedo, elle est inspirée de méthodes orientales ( yoga, zen, bouddhisme) et de techniques occidentales ( relaxation de Shultz, Vittoz, Jacobson…) et de la Phénoménologie.
Elle utilise différentes techniques , la relaxation dynamique et les techniques spécifiques.

La douleur, les bénéfices de la sophrologie…

 Lorsqu’il y a une douleur, le corps prend des positions antalgiques inconscientes, ce qui peut alors créer d’autres douleurs, notamment des tensions corporelles.
Lors des douleurs sexuelles , il n’est pas rare d’observer des douleurs du petit bassin.
Quelque soit son âge, la femme souffrant de douleurs intimes ne se sent plus femme. Il y a une atteinte à l’image de soi, avec une perte de la féminité. Se répercutent alors un manque de confiance en soi et dans sa vie de couple mais aussi une mauvaise estime de soi.

La sophrologie a alors toute sa place , dans son approche globale de la personne, pour un accompagnement de qualité dans le cadre des douleurs sexuelles féminines au quotidien.

  • Les relaxations dynamiques et les techniques spécifiques vont amener les femmes à prendre conscience de leurs tensions, pour apprendre à les relâcher, et développer leur capacité à se détendre.
  • Apprendre à gérer leur anxiété face à une douleur chronique mais aussi gérer leur stress lors des relations intimes avec leur partenaire, ne plus appréhender l’acte sexuel.
  • Il sera important de prendre conscience de son corps, dans la bienveillance et se le réapproprier positivement, être à l’écoute des sensations agréables.
  • Accompagner les femmes par la découverte ou redécouverte de leur corps dans l’agréable par le toucher bienveillant, se mettre une crème douce et parfumée, sentir l’eau chaude relaxante lors de la douche…
  • Apprendre à gérer leurs émotions, notamment la peur, la peur de ne plus être comme avant, la peur des relations intimes, ne plus appréhender… mais aussi un travail sur la frustration et la culpabilité à ne pas négliger.
  • Renforcer leur confiance en elles, par des ancrages, ce qui se répercutera sur meilleure estime d’elles mêmes et une image d’elles positive.
  • Nous utiliserons bien entendu des protocoles de gestion de la douleur, par des techniques de respirations, visualisation, de substitutions sensorielles.
  • La douleur épuisant le corps, le mental et les émotions, il sera primordial de réactiver l’énergie et la vitalité par des techniques d’activation vitale. Pratique intéressante pour la préservation de la santé.
  • Déconditionner les expériences douloureuses et traumatiques, les déprogrammer.
  • Travail autour du lâcher prise, abaisser l’hypervigilance et le contrôle dans leur vie de tous les jours pour abaisser les tensions et renouer avec des activités souvent laissées de côté, l’hyperalgie étant la cause.
  • Apprendre à se relier à des moments de plaisir au quotidien, le plaisir étant moteur de vie, de projets…ancrer du positif et des sensations agréables.
  • Prendre conscience des ses ressources, les mobiliser, atteindre des objectifs

L’approche thérapeutique en sophrologie est individuelle, bienveillante , et sans jugement. Le sophrologue est un pédagogue qui apportera différents outils à intégrer dans son quotidien afin de mieux s’adapter aux évènements de la vie et à retrouver un équilibre et une harmonie malgré la maladie ou les douleurs.

Violaine Pala, Sophrologue Médicale RNCP

Échange avec une adhérente des Clés de Vénus

 Je suppose qu’il faut plus d’une séance pour ressentir les effets d’une thérapie, à combien évalueriez-vous le nombre de séances nécessaires avant de ressentir un effet ? (Bien sûr chaque femme étant différente, je parle ici d’une moyenne approximative).

Il n’y a pas un nombre spécifique de séances. Chaque femme est différente et derrière la douleur, il y a souvent d’autres axes de travail qui peuvent émerger. A savoir tout de même que quelques fois une séance peut suffire. Si je devais vraiment vous donner un chiffre je vous dirais un minimum de 3 séances pour avoir déjà plusieurs outils à utiliser dans son quotidien.

La sophrologie peut-elle à elle seule guérir une personne souffrant de douleurs sexuelles ? Avec quelles autres thérapies peut-elle éventuellement être complétée ?

La sophrologie ne « guérit » pas, elle est une thérapeutique psychocorporelle, un accompagnement. Je pense que c’est un ensemble de techniques pluridisciplinaires qui permettront une meilleure prise en charge. Les autres thérapies peuvent être l’ostéopathie, la kinésithérapie de relâchement, l’hypnose, la RESC, la médecine chinoise, l’activité physique adaptée…

Dans le cadre des douleurs sexuelles : pouvez-vous expliquer un exercice que vous proposez à vos patientes ?

La sophrologie « se vit en séance ». Dans le cadre des douleurs sexuelles, nous allons travailler sur la reconnexion avec son corps, le corps existe dans son entièreté et non pas que par la douleur. Cette technique se pratique en posture debout afin de favoriser l’ancrage et le moment présent, développer le sens du toucher et la mise en mouvement du corps par des mouvements doux. On utilisera aussi la respiration abdominale et diaphragmatique afin de développer ce que l’on appelle « la respiration carrée » : dans le quotidien nous respirons environ 16 fois par minute, l’objectif étant de respirer seulement 8 fois. Ce qui induit une baisse de la fréquence cardiaque, une baisse du taux d’adrénaline, mais aussi une baisse des signaux reçus par les récepteurs de la captation de la douleur. Le cerveau stimulera les zones alpha qui sont des zones de détente et de bien-être.

Y a-t-il des sophrologues spécialisés dans les douleurs féminines sexuelles vers lesquel(le)s vous pourriez envoyer celles qui souhaitent essayer la sophrologie (dans les grandes villes) ?

Je ne connais pas d’autres sophrologues spécialisés dans les douleurs sexuelles. Me concernant, j’exerce à la clinique Axium pour m’occuper de l’hospitalisation des jeunes femmes, mais j’exerce aussi en libéral à domicile, à Aix en Provence et ses alentours.