Le kraurosis (lichen scléreux)

Définition et symptômes

Le « kraurosis de la vulve » ou « lichen scléro-atrophique de la vulve » est une maladie dermatologique localisée au niveau de la vulve. Il survient le plus souvent après la ménopause et se manifeste par une vulvite dite « atrophique » car elle entraine un rétrécissement de l’orifice de la vulve, une atrophie des lèvres vulvaires... La femme se plaint de démangeaisons, de brûlures urinaires et de douleurs. La vulve est de couleur blanchâtre.

Les symptômes de démangeaisons, brulures ou douleurs étant communs à de nombreuses pathologies, le diagnostic d’un spécialiste est nécessaire.

L’évolution vers un cancer de la vulve est rare.

Traitement

Le traitement local utilise des hormones sous forme de crèmes et de pommades. Une petite intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour faciliter les rapports sexuels.

Texte relu et validé par une gynécologue le 31 mars 2014.

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N'étant nullement spécialisées dans cette pathologie, nous relayons également ce texte synthétique, issu du site https://lilievabien.fr/ consacré au lichen scléreux atrophique. D'autres informations sont disponibles sur ce site.

Le lichen scléreux atrophique (ou lichen scléro-atrophique) est une maladie de la peau inflammatoire d’origine probablement auto-immune avec un terrain génétique potentiel (c’est encore étudié et loin d’être assuré).

C’est une maladie qui touche surtout les femmes mais qui peut atteindre les hommes également.

Le plus souvent diagnostiqué chez la femme ménopausée et la petite fille, le lichen scléreux peut survenir à n’importe quel âge. L’atrophie vulvaire étant un symptôme fréquent de la ménopause, cela amène certaines d’entre elles à n’avoir le diagnostic de lichen scléreux que très tardivement car on peut confondre les deux. De plus, comme c’est une maladie mal connue, il est probable que des femmes avant la ménopause errent dans les cabinets de gynécologues pendant des années avant d’avoir l’explication de leurs symptômes vulvaires persistants.

 

La maladie affecte le plus souvent les parties génitales mais elle peut aussi, rarement, se développer sur la peau (tronc notamment). Le lichen scléreux touche surtout la zone vulvaire et anale des femmes et le prépuce et le gland des hommes.

Chez la femme, elle affecte les muqueuses vulvaire et anale mais elle épargne le vagin et n’atteint jamais l’utérus ou les ovaires.

Le lichen scléreux vulvaire peut ne donner lieu à aucun symptôme ou se révéler par des démangeaisons, une sensation de sécheresse, des brûlures, de la dyspareunie (douleur au cours des rapports sexuels). La muqueuse vulvaire blanchit de façon de diffuse ou localisée. Elle devient lisse brillante (« nacrée ») ou plissée car plus fine. Comme la muqueuse est plus fine, elle peut se fissurer spontanément ou lorsqu’elle est étirée. La maladie peut aussi modifier l’anatomie de la vulve : le relief des petites lèvres peut s’effacer plus ou moins complètement ; le clitoris peut être recouvert mais il ne disparaît pas et conserve un fonctionnement normal ; l’entrée du vagin peut sembler rétrécie.

La démangeaison, principal symptôme du lichen scléreux, peut faire évoquer une mycose ou autre infection vaginale mais aussi le psoriasis, l’eczéma ou d’autres maladies de la vulve plus rares et plus graves. Mais l’examen de la vulve permet au médecin – pour peu qu’il connaisse la maladie – d’établir facilement le diagnostic de lichen scléreux. Le diagnostic peut être plus délicat – et cela a été mon cas – lorsque le lichen scléreux s’associe à d’autres pathologies vulvaires (mycose, vulvodynie, etc.).

Le lichen scléreux est une maladie chronique. Elle évolue par poussées alternant avec des phases de rémission. On ne peut pas parler de guérison mais le traitement permet de contrôler les symptômes.

Le lichen scléreux n’est pas une maladie visible. Pour certaines femmes, elle est « taboue » parce que siégeant sur les parties intimes. Elle affecte l’image corporelle, la qualité de vie et de sommeil, la relation aux autres et évidemment la vie sexuelle. Pour autant, beaucoup de patientes vivent tout à fait normalement avec la maladie et j’espère que la section témoignages saura le démontrer.

Le seul traitement reconnu par la communauté scientifique est l’application locale de crèmes à la cortisone telles que Dermoval (ou son générique Clarelux), Diprosone, etc…. Un traitement « d’attaque » (une application par jour) est généralement suivi d’un traitement d’entretien (deux fois par semaine) pendant plusieurs mois. Ce traitement est très rapidement efficace sur les symptômes et il réduit progressivement la pâleur de la muqueuse. Il ne modifie pas cependant les remaniements anatomiques qui, rappelons-le, n’ont pas d’incidence sur la fonction du clitoris et, de plus, n’empêchent pas un accouchement par les voies naturelles.

Les crèmes à la cortisone font souvent peur aux patientes car elles craignent leurs effets indésirables (prise de poids, affinement de la peau, fragilisation des os, hypertension, etc.). En fait, ces effets indésirables sont observés lors de traitements au long cours par de la cortisone par voie buccale. La petite quantité de crème utilisée pour traiter la vulve ne peut pas entraîner de telles complications. Le traitement pourrait, de plus, pour certains médecins, empêcher l’évolution vers un cancer. Le risque de développement d’un cancer à partir d’un lichen scléreux est très faible et il ne concerne que certains types, très rares, de lichen scléreux que le médecin saura suspecter, le cas échéant (par exemple: plaque épaisse, très blanche, qui résiste au traitement).

Voilà un premier aperçu de définition de la maladie. Il y a beaucoup à dire en fait. La littérature scientifique, bien que peu prolifique, maîtrise bien certains aspects de cette maladie (notamment l’efficacité des crèmes à la cortisone). Ce que je vous relaye ici c’est un résumé. Mais il faut bien commencer quelque part, n’est-ce pas ?