Témoignages

« Pour ma part, au tout début, je m’obstinais à tenter la pénétration malgré la douleur, car je ne voulais pas admettre que j’avais un problème, je voulais à tout prix “faire comme les autres”… mais j’ai vite compris que c’était une erreur, car cela n’a fait qu’inciter mon corps à développer encore plus son réflexe de défense, augmentant encore la douleur. Conséquence : la peur s’est installée durablement, j’appréhendais de plus en plus les câlins, jusqu’à les éviter. Et bien sûr, ma libido est descendue en flèche… Comment en effet avoir envie de quelque chose qui nous meurtrit ?

Puis j’ai enfin réagi, dit “stop”. J’ai décidé de cesser pour un temps les rapports, et ai commencé un travail sur moi. La peur était toujours là, mais peu à peu elle perdait du terrain. J’ai retrouvé petit à petit du plaisir, et du désir, pour les simples préliminaires, mais la pénétration m’était toujours inconcevable.

Ce break a pris du temps, mais il a été bénéfique : aujourd’hui, je fais des exos avec mon homme, et nous tentons de temps à autre la pénétration. La douleur est toujours là, mais plus supportable. Et, à présent, je connais mieux mon corps, son fonctionnement, je sens quand je suis trop contractée et j’arrête tout dès que j’ai trop mal. Le fait de mieux comprendre comment marchent mes muscles, pourquoi ils se contractent, m’a beaucoup aidée. Je ne suis pas encore sortie d’affaire, mais j’ai l’espoir et la volonté, je sais que maintenant j’affronte correctement le problème. »

Marie, 25 ans.

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« En ce qui me concerne, ça bloquait comme s’il y avait un mur, mais ça ne faisait pas mal tant que je ne forçais pas à fond. Au début, je suis détendue, mais dès que c’est au bord et que ça va rentrer, ou plutôt que ça doit rentrer, là : contraction des cuisses, des abdos, et surtout des muscles périvaginaux, sans parler du cœur qui bat et du visage crispé, et parfois une ou deux larmes qui coulent ! Voilà comment se manifeste mon foutu vaginisme ! »

Sonia, 22 ans.

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« Moi j’étais contractée 24 h/24 au début, avec une douleur quand je ressentais du désir car je me contractais encore plus. Donc, bien sûr, pendant des années, impossible d’introduire quoi que ce soit dans ce scrogneugneu de vagin. Et ensuite, quand j’ai décidé de regarder le problème en face et de faire des exercices, ça s’est peu à peu arrangé, jusqu’à ce que je rencontre mon chéri.

Au début, la pénétration était impossible, car j’étais trop contractée, mais comme je lui en ai parlé dès le début de notre relation, on n’a pas insisté là-dessus, on a fait des câlins autrement et ça m’a aidé à reprendre confiance en moi et à retrouver du désir et du plaisir. Et puis petit à petit, avec les exercices, on a pu faire des essais qui se passaient moins mal (doigts), jusqu’à ce que ça marche pour de bon.

Je pense en fait qu’il ne faut pas s’enfermer dans une spirale d’échec, donc : le plaisir d’abord ! Car si on se force, on reste dans le cercle vicieux appréhension / contraction / douleur / appréhension… »

Audrey, 30 ans.

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« J’ai connu une évolution de mon vaginisme, on va dire :

1. Les premiers temps, très jeune, dès qu’un petit copain s’approchait de mon sexe, je me contractais, j’avais mal avant même qu’il ne me touche, même avec les mains, la pénétration était absolument impossible et ça faisait très mal, ça chauffait énormément (puis en plus, on faisait ça sans lubrifiant, je ne savais même pas que ça existait ! Pauvre de moi !).

2. Après, quand j’ai fait des tentatives avec des hommes plus expérimentés, beaucoup plus tard, après 30 ans, honnêtement, ça s’est un peu mieux passé dans le sens où j’avais moins peur d’avoir mal et où j’avais davantage confiance en eux, en moi. Mais ça ne voulait toujours pas rentrer, sauf que ça ne faisait presque pas mal… ça bloquait, c’est tout. »

Christelle, 35 ans.

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