LES « MALADIES » GÉNITALES DE LA FEMME


Afin de déterminer la présence d’un vaginisme ou d’une vulvodynie, il est important d’exclure la possibilité de toute autre maladie vaginale, comme une mycose ou un herpès.


Sommaire :

- La sécheresse vaginale
- Le prurit vulvit
- La vulvite
- La vaginite
- Les mycoses
- L'herpès génital
- Le Kraurosis
- La bartholinite
- La maladie de Bowen
- Le cancer de la vulve


LA SÉCHERESSE VAGINALE

Définition et symptômes

La lubrification naturelle du vagin, lui conférant une texture douce et élastique, est régulée par des facteurs hormonaux, génétiques, médicamenteux ou psychologiques. Cet équilibre naturel d’humidification peut donc très facilement être perturbé au cours de la vie d’une femme. S’il est insuffisant, on parle de sécheresse vaginale.

La flore vaginale est l’ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le vagin. Ils permettent de limiter les infections en « combattant » les germes pathogènes. Le bacille de Döderlein en est l’un des principaux constituants. Une analyse par prélèvement permet de déterminer si la flore de Döderlein est suffisante. Cela permet notamment de diagnostiquer des problèmes de sécheresse intime.

Il ne faut cependant pas confondre sécheresse vaginale (manque d’humidification permanente du vagin) et le manque de lubrification lors d’un rapport sexuel. Lors de l’excitation, la lubrification naturelle du vagin augmente significativement afin de permettre la pénétration. Pour différentes raisons, et en raison notamment d’un manque d’excitation, le vagin de la femme peut ne pas être assez lubrifié pour permettre la pénétration, sans qu’on puisse parler pour autant de sécheresse vaginale.

Les symptômes de la sécheresse vaginale sont multiples :

  • démangeaisons ;
  • inflammations ;
  • brûlures lors des rapports sexuels ;
  • irritations provoquées par les frottements pendant les rapports sexuels, entraînant des lésions de la paroi vaginale ;
  • risques d’infections accrus.

Causes

La sécheresse vaginale touche aujourd’hui près de 1 femme sur 6. Souvent passagère, la sécheresse intime peut survenir chez les femmes à différents moments de leur vie.

Les causes en sont diverses :

hormonales :

– une carence en œstrogènes survenant au moment de la ménopause ;
– des changements dans l’équilibre hormonal, par exemple pendant l’allaitement ;
– une grossesse, surtout pendant le premier trimestre, car ensuite la région pelvienne s’engorge de sang, ce qui rétablit une bonne humidification ;
– des troubles des ovaires.

médicamenteuses :

– certaines pilules contraceptives ;
– les antihistaminiques (=anti-allergiques);
– les vasoconstricteurs (=pour accroître la pression sanguine ou réduire localement le flot sanguin);
– certains antidépresseurs ;
– certains traitements antiacnéiques ;
– les effets secondaires de certaines chimiothérapies, les traitements antihormonaux du cancer du sein…

infectieuses :

Les infections vaginales peuvent entraîner des sécheresses vaginales. L’inverse est également possible.


• psychologiques (cela concerne surtout le manque de lubrification lors des rapports sexuels) :

– causes souvent liées au comportement sexuel du couple, comme l’absence de préliminaires, la rareté des rapports sexuels, l’absence de désir, une mésentente, etc. ;
– une inhibition sexuelle ;
– une méconnaissance de son corps, etc.


une mauvaise hygiène de vie :

– le tabac, par l’action vasoconstrictrice (=qui diminue le calibre des vaisseaux sanguins ) de la nicotine ;
– l’alcool, qui provoque une déshydratation ;
– le stress ou la fatigue ;
– une hygiène intime excessive (toilettes quotidiennes trop fréquentes, douches vaginales).

Prévention

Certaines mesures peuvent être prises pour éviter ou contrer cette sécheresse vaginale :

  • faire sa toilette intime avec un savon au pH neutre, comme le savon de Marseille ou le savon d’Alep ;
  • utiliser généreusement les lubrifiants à base d’eau lors des rapports sexuels, et prolonger les préliminaires ;
  • réduire le stress et adopter une bonne hygiène de vie ;
  • demander conseil à son médecin pour savoir si certains traitements médicamenteux pourraient être à l’origine de cette sécheresse.

Traitements

Votre gynécologue pourra diagnostiquer une sécheresse vaginale et vous prescrire le traitement adapté. Il peut s’agir d’un traitement par voie orale ou vaginale.

Certaines plantes, riches en phytœstrogènes, peuvent être prescrites : soja, sauge, houblon, lin, kudzu ou cimicifuga. Elles peuvent être administrées de différentes manières : creme, ovule, prise orale… Cependant, elles peuvent également être déconseillées dans certains cas : demandez à votre médecin. L’homéopathie peut également s’avérer efficace.


LE PRURIT VULVAIRE


Définition et symptômes

Il s’agit de démangeaisons au niveau de la vulve (petites et grandes lèvres, pubis) qui s’accompagnent d’un besoin impérieux de se gratter allant jusqu’à l’insomnie nocturne.

Causes

Les causes de ces démangeaisons sont nombreuses et variées. Il peut s’agir :

  • d’une vulvo-vaginite (Cf. Voir paragraphes suivants) ;
  • d’une  inflammation de la peau  avec rougeurs et lésions (herpès, aphtose, eczéma) ;
  • d’une irritation locale provoquée par certains produits de toilette, savons acides, médicaments locaux, etc. ;
  • d’une allergie ;
  • d’une affection de la peau irritante généralisée (maladie de Hodgkin, érythrodermie, leucémie, eczéma, etc.).

Traitement

Le traitement varie en fonction de la cause : antibiotiques, antimycosiques, etc.


LA VULVITE

Définition et symptômes

La vulvite est une inflammation de la vulve. Elle est souvent associée à une vaginite ; on parle alors de vulvo-vaginite. La vulvite se manifeste par un prurit vulvaire et par une sensation de brûlure, que ce soit de manière spontanée ou bien en urinant, en marchant ou lors des rapports sexuels (dyspareunie). Localement, la vulve est sensible au contact, rouge, épaissie (œdématiée), suintante et souvent recouverte de pertes blanchâtres (leucorrhée), surtout s’il s’agit d’une mycose (champignon).

Causes

Elles peuvent être d’origine infectieuse ou non :

  • des bactéries : gonocoques (cf. blennorragie, dans le paragraphe « Vaginite ») ou germes banals (streptocoques, staphylocoques, etc.) ;
  • des champignons, dits « mycoses », comme le candida albicans (cf. « Mycoses », du présent texte) ;
  • des parasites : trichomonas, schistosoma, phtiriase (pou du pubis) ;
  • des virus : condylomes acuminés, herpès génital, etc. ;
  • des chancres vénériens avec ganglion inguinal : syphilis, chancre mou ;
  • une ulcération tuberculeuse ;
  • un manque d’hygiène (transpiration, urines) ou, au contraire, des soins d’hygiène excessifs ;
  • des vêtements trop serrés, favorisant la macération ;
  • des rapports sexuels fréquents et multiples, ou l’usage de certains spermicides.

Traitement

Le traitement est double : traitement des symptômes locaux et traitement de la cause (champignons, virus…).

LA VAGINITE

Définition et symptômes

La vaginite est une inflammation du vagin, souvent associée à l’inflammation de la vulve (vulvite), essentiellement d’origine infectieuse. Le vagin est protégé de la pullulation de la plupart des germes pathogènes par son acidité naturelle. Cette acidité provient de la richesse du vagin en bacilles de Döderlein et dépend de la sécrétion œstrogénique des ovaires.

Le signe principal de la vaginite est la leucorrhée (sécrétion blanchâtre dans le vagin particulièrement abondantes). Celle-ci peut s’accompagner de douleurs de type brûlures locales, d’un prurit et de dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels). Une fatigue et une légère fièvre y sont parfois associées. L’examen gynécologique est en général complété par un prélèvement des sécrétions pour déterminer le germe en cause.

La vaginite est quasi systématiquement associée à la vulvite (la seule présence de leucorrhée provoque une macération et un prurit vulvaire), et souvent à une cervicite.

Causes

Les causes sont multiples :

  • des trichomonas ;
  • des mycoses ;
  • des microbes divers ;
  • un dysfonctionnement hormonal ;
  • un agent irritant ;
  • une maladie dermatologique.


La vaginite parasitaire à trichomonas : Le trichomonas est un parasite transmis par l’eau, les objets de toilette et surtout pendant les rapports sexuels. La leucorrhée est abondante, liquide, malodorante, finement bulleuse (ressemblant à de l’eau savonneuse), prurigineuse (= irritante, qui provoque des démangeaisons). Elle augmente en début de cycle. Le trichomonas est découvert à l’examen direct au microscope suite à un prélèvement.

La vaginite mycosique : Si la transmission sexuelle est possible, l’infection se produit le plus souvent à partir de foyers intestinaux en raison de circonstances favorisantes (antibiotiques, œstroprogestatifs, grossesse, diabète, anémies, vêtements serrés et en matières synthétiques). La contamination par l’eau de piscine polluée ou le sable des plages est également possible. Le candida albicans est presque toujours en cause. Il provoque une leucorrhée épaisse, caséeuse (=qui a un aspect de fromage frais), prurigineuse, qui s’accroît avant les règles. La vulve et le vagin sont très enflammés. Le diagnostic est fait par examen direct et culture du prélèvement. Pour en savoir plus, consultez le paragraphe « Mycose » du même article.

La vaginite microbienne :

* La blennorragie est due au gonocoque. La leucorrhée est abondante, purulente, verdâtre. Le diagnostic est fait par prélèvement qui déterminera la présence de bactérie.

* Les vaginites à germes banals sont d’origines diverses (staphylocoques, streptocoques, colibacilles, etc.) et ne surviennent que dans des circonstances particulières (=transmission par contact par exemple). Le diagnostic est établi par le frottis cervico-vaginal.

Traitements

La vaginite causée par un trichomonas se soigne grâce à des consignes d’hygiène (cf. « Mycose ») et un traitement antibiotique spécifique. Le partenaire doit être traité. La vaginite mycosique se soigne le plus souvent par application d’un antifongique en crème et de la prise du même antifongique sous forme d’ovule (cf. « Mycose »). Le traitement des vaginites microbiennes repose sur des antiseptiques locaux (ovules) et des antibiotiques adaptés.


LA MYCOSE


Définition

C’est une infection des organes génitaux par un champignon. Elle est extrêmement fréquente et banale, notamment chez la femme. Le champignon en cause est pratiquement toujours le candida albicans. On parle dans ce cas de candidose.

L’infection survient le plus souvent de façon endogène (=d’une cause interne), liée au développement de candida déjà présents dans le vagin ou sur la peau. Elle peut également survenir de façon exogène (=d’une cause externe), par exemple dans le cadre d’une contamination par voie sexuelle, ou bien en allant à la piscine ou au bord de la plage… Il est donc possible de développer une mycose même si on n’a jamais eu de rapports sexuels.

L’infection mycosique génitale peut être épisodique ou récurrente. Une infection est dite récurrente à partir de quatre crises prouvées par an.

Symptômes

Chez l’homme, la candidose se manifeste par une inflammation avec démangeaisons du gland et du prépuce. Dans les cas extrêmes, ces lésions peuvent évoluer vers un phimosis avec écoulement purulent. Mais la plupart du temps, l’infection est inapparente chez l’homme.

Chez la femme, il s’agit d’une infection de la vulve et du vagin (vulvo-vaginite) avec pertes blanches assez épaisses et inodores, et démangeaisons s’accompagnant de brûlures locales et de douleurs pendant les rapports sexuels. Ces symptômes sont exacerbés dans les jours qui précèdent les règles. Les pertes blanches ont l’aspect typique dit du « lait caillé ».

Facteurs de risques

Le vagin comporte, à l’état normal et pour son équilibre, des germes regroupés sous le terme de « flore de Döderlein ». Cette flore se compose de plusieurs germes, principalement le lactobacillus. La cohabitation bactérienne maintient un milieu acide du vagin (le Ph se situe entre 4 et 5) qui permet la lutte contre l’infection. Le déséquilibre de ce système transforme le milieu hostile en milieu accueillant permettant aux différents organismes ou germes de se développer et de provoquer des infections de manière épisodique ou régulière.

Certaines femmes sont prédisposées au développement infectieux :

  • prise d’antibiotiques, de corticoïdes ;
  • fatigue, maladie ;
  • défenses immunitaires affaiblies ;
  • diabète.

À noter que la période des règles, la prise de pilule et la grossesse peuvent également favoriser le développement infectieux.

En prévention, et afin de favoriser un équilibre de cette flore, il est possible de prendre des extraits de pépins de pamplemousse trois fois par jour et des probiotiques par voie vaginale (Gynophilus, par exemple) quotidiennement.

Causes

La mycose vulvo-vaginale est provoquée par des levures type candida : albicans (dans près de 95 %), glabrata, tropicalis, torulopsis, krusei, stellatoides, etc. Le candida est naturellement et physiologiquement présent dans l’intestin, et donc dans les voies génitales (vulve et vagin) par contact (toilette, caresse sexuelle). Il s’agit donc d’une infection par ses propres germes, déjà présents dans le corps.

Le passage de la forme inoffensive (levures naturellement présente dans le vagin) à la forme agressive (mycoses) avec apparition de signes anormaux dépend en partie de la qualité des défenses naturelles de la personne touchée.

Dans 60 % des cas, l’origine de la mycose est interne, le problème vient de la femme elle-même et d’un déséquilibre de sa flore vaginale ; dans un tiers des cas, la contamination provient de l’extérieur, par contact sexuel ou par contact avec un objet infesté.

Diagnostic

Le diagnostic est souvent fait dès l’interrogatoire médical. L’examen standard (inspection de la vulve, examen du col et du vagin avec spéculum) permet au spécialiste de constater la présence de lésions. Cet examen peut être pratiqué par un médecin généraliste, un gynécologue ou un dermatologue.

Les analyses et examens complémentaires, effectués suite à un prélèvement, ne sont pas indispensables au diagnostic, mais permettent de confirmer celui-ci. Il est préférable d’y avoir recours si l’aspect est inhabituel, si les symptômes sont discrets, s’il y a un doute avec un autre diagnostic ou si l’infection résiste à plusieurs traitements bien conduits.

Si l’examen au spéculum est impossible en raison de votre vaginisme ou d’une vulvodynie, sachez qu’il est possible d’effectuer des prélèvements avec un simple Coton-Tige.

Veillez à être sûre du diagnostic avant de prendre un traitement antifongique. En cas d’absence de mycose, non seulement le traitement est inutile, mais il attaque fortement la flore vaginale, pouvant entraîner par la suite irritations ou vulvites. Malheureusement, beaucoup de gynécologues collent l’étiquette « mycose » à la moindre douleur ou gêne vulvaire, sans symptômes réels et sans analyse. Il est donc préférable d’effectuer des prélèvements ou demander un second avis médical.

Traitements

Le traitement est la plupart du temps local : ovules, comprimés vaginaux, crèmes ou gels sont efficaces et ont relativement peu d’effets secondaires. Le traitement du partenaire n’est pas systématique s’il/elle ne présente pas de symptômes. Il sera cependant utile en cas de récidives fréquentes.

Peuvent donc être prescrits :

  • des ovules vaginaux pendant 1 à 3 jours, à renouveler parfois au bout de quelques jours ;
  • des crèmes ou laits antifongiques à appliquer généreusement sur la vulve ou sur le gland pendant 10 jours ;
  • un savon gynécologique spécial (basique) afin de calmer les irritations ;
  • un traitement par comprimés en cas de récidives fréquentes. (En effet, un foyer de candida présent au niveau digestif peut être la cause d’infections gynécologiques à répétition. L’éradication du champignon permet d’enrayer le phénomène.) ;
  • un traitement préventif en cas de prise d’antibiotiques chez les femmes présentant des candidoses fréquentes. (En effet, lors d’un traitement antibiotique, un déséquilibre de la flore vaginale peut survenir, favorisant ainsi le développement de candidoses.).

Mesures d’hygiène préventives

Le respect de quelques mesures d’hygiène favorise la guérison et permet d’éviter les récidives.


Habits

  • Changer quotidiennement de sous-vêtements.
  • Utiliser des sous-vêtements en coton.
  • Éviter les vêtements collants, moulants, étriqués, car ils favorisent la macération et augmentent ainsi l’acidité locale.
  • Pour détruire toutes les mycoses, laver ses sous-vêtements à 60 °C, ou les repasser, ou les vaporiser avec un spray type Pévaryl®.


Toilette intime

  • Ne pas utiliser les savons dits de « toilette intime » vendus dans le commerce, dont le pH acide favorise le développement des candidoses ; utilisez plutôt un savon sans parfum à pH neutre (Dermactive® gel intime, Hydralin apaisa®, Saforelle®, Fémina®, Saugella rose®). Mais un véritable savon de Marseille, sans parfum, est idéal. Il est également possible de rajouter des huiles essentielles de tea tree ou de lavande dans son savon, ou de l’extrait de pépins de pamplemousse dans l’eau de rinçage.
  • Ne pas effectuer plus de deux toilettes intimes par jour, une seule étant généralement suffisante.
  • Bien se sécher la vulve après la toilette.
  • Changer de gant à chaque toilette.
  • Ne jamais introduire d’eau ni de savon directement dans le vagin.
  • S’essuyer d’avant en arrière pour éviter de ramener des germes de l’anus au vagin.


Conseils pratiques

  • Éviter ce qui peut provoquer des irritations locales.
  • Éviter les rapports sexuels sans préservatif pendant le traitement.
  • Éviter l’exposition fréquente à l’eau de piscine ou de mer.
  • Éviter les tampons qui peuvent irriter la paroi vaginale par le contact prolongé et qui empêchent l’écoulement naturel du flux menstruel, ce qui favorise la macération ; le port de serviettes hygiéniques changées fréquemment est préférable.
  • Éviter le port quotidien de protège-slips.
  • Éviter les régimes trop sucrés.


L’HERPÈS GÉNITAL

Définition et symptômes

L’herpès génital est une maladie virale contagieuse, sexuellement transmissible, localisée sur les organes sexuels. Elle est due à l’Herpes Simplex Virus (HSV).

La première infection se manifeste par des démangeaisons, des brûlures ou des picotements. Puis la lésion rougit, de petites cloques remplies d’un liquide translucide apparaissent, éclatent et sèchent en formant des croûtes. Les lésions sont douloureuses. Elles disparaissent en une semaine environ. La cicatrisation est parfois plus longue. En général, les récidives sont plus courtes et moins intenses. Leur fréquence est variable.

Cette maladie bénigne peut entraîner des complications chez les sujets présentant une immunodépression (=diminution ou absence de mécanismes immunitaires), que celle-ci soit congénitale ou acquise lors d’un traitement ou d’une maladie.

Si une maman, lors de l’accouchement, présente des lésions génitales herpétiques, son bébé peut être contaminé par le contact direct avec les sécrétions génitales infectées. Lorsque ce risque existe, une césarienne est alors généralement indiquée. C’est pourquoi toute femme porteuse du virus doit en prévenir son médecin lors de sa grossesse.

Contamination

La contamination se fait par contact direct avec des lésions herpétiques ou des sécrétions génitales infectées. Si un partenaire présente des lésions herpétiques externes (sortes de boutons ou de plaies), le seul contact avec ces lésions est contaminant. Le préservatif ne suffit pas à protéger.

Il est ainsi conseillé d’éviter les rapports sexuels, même sans pénétration, lors d’une poussée herpétique, d’autant que ces rapports sont parfois douloureux.

La contamination se fait donc le plus souvent lors d’un rapport sexuel avec un partenaire porteur du virus, qu’il présente ou non une lésion.

Lors des poussées d’herpès, il est conseillé de se laver les mains régulièrement, en particulier quand elles ont été en contact avec les lésions. Il faut éviter de se toucher les yeux, de partager son linge de toilette, etc.

Traitement

Le seul traitement est la prescription d’un antiviral, local et oral, à prendre pendant plusieurs jours. Ce médicament accélérera la cicatrisation et diminuera la durée de la contagiosité des lésions. Des antalgiques et des anti-inflammatoires peuvent aussi être prescrits. Mais le traitement contre l’herpès ne détruit pas le virus. Il restera à vie dans l’organisme. Cependant, les crises pourront s’espacer jusqu’à pratiquement disparaître.



LE KRAUROSIS


Définition et symptômes

Le « kraurosis de la vulve » ou « lichen scléro-atrophique de la vulve » est une maladie dermatologique localisée au niveau de la vulve. Il survient le plus souvent après la ménopause et se manifeste par une vulvite dite « atrophique » car elle entraine un rétrécissement de l’orifice de la vulve, une atrophie des lèvres vulvaires... La femme se plaint de démangeaisons, de brûlures urinaires et de douleurs. La vulve est de couleur blanchâtre.

Les symptômes de démangeaisons, brulures ou douleurs étant communs à de nombreuses pathologies, le diagnostique d’un spécialiste est nécessaire.

L’évolution vers un cancer de la vulve est rare.

Traitement

Le traitement local utilise des hormones sous forme de crèmes et de pommades. Une petite intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour faciliter les rapports sexuels.

LA BARTHOLINITE


Définition

Une bartholinite est une inflammation de l’une ou des deux glandes situées dans les grandes lèvres, les glandes de Bartholin.

Les glandes de Bartholin, de la taille d’un petit pois et situées de part et d’autre de la moitié postérieure et arrière de l’orifice du vagin, permettent de sécréter en permanence un liquide filant et incolore contribuant à la lubrification du vagin au moment du rapport sexuel. Elles sont incluses dans le muscle qui aide la vulve à se refermer (constricteur de la vulve).
Cette sécrétion arrive au niveau de l’appareil sexuel par l’intermédiaire du canal excréteur, émergeant entre les petites lèvres.

Source : http://cours.ide.free.fr/gyneco/cgyn04.html

La bartholinite est une infection aiguë (abcès) de la glande de Bartholin. Cette infection est le résultat d’un envahissement de la glande par des germes provenant du vagin. Ceux-ci sont remontés en utilisant le canal excréteur de la glande. Il peut s’agir également d’une surinfection d’un kyste de la glande de Bartholin due à l’obstruction de son canal d’excrétion. Il faut savoir que la bartholinite est susceptible de survenir durant la grossesse.

La cause d’une bartholinite peut donc être une infection vaginale ou l’infection d’un pseudo-kyste (petite poche ressemblant à un kyste) provoquée par l’obturation du canal excréteur de la glande.

Symptômes

La forme aiguë est très douloureuse ; la douleur, localisée au niveau de la vulve, est lancinante. La fièvre est souvent légèrement élevée. À l’examen, la vulve est déformée par une tuméfaction rouge, chaude, tendue, particulièrement intense dans la partie postérieure de la vulve. Un abcès peut parfois être présent, à l’origine d’un écoulement de pus.

Traitement

Des bains de siège chauds à la camomille ou l’administration d’antalgiques peuvent calmer la douleur. Le traitement repose sur les antibiotiques et l’incision en cas d’abcès. Dans les cas chroniques, l’ablation de la glande peut être nécessaire. Sans traitement, la bartholinite est susceptible d’évoluer vers un abcès du périnée, c’est-à-dire de la zone comprise entre l’anus et les parties génitales.

Il existe des risques inhérents à l’intervention chirurgicale :

  • La survenue d’un œdème de volume important, quelquefois impressionnant, mais qui régresse spontanément.
  • Certaines patientes, suite à une récidive post-opératoire, peuvent présenter un kyste de la glande de Bartholin.
  • Dans certains cas, on constate même la survenue de cicatrices susceptibles de gêner les rapports sexuels (rarement).


LA MALADIE DE BOWEN


Définition et symptômes

La maladie de Bowen est considérée comme une tumeur précancéreuse. Elle peut toucher la peau et les muqueuses, en particulier la région vulvaire.

Un prurit modéré et localisé attire l’attention. À l’examen, le médecin observe des plaques circonscrites, épaisses et blanches (dite leucoplasie) sur la vulve. Le diagnostic repose sur la biopsie de la zone touchée. Le risque de transformation maligne existe.

Traitement

Le traitement repose sur l’ablation chirurgicale, ou la destruction par laser, ou la cryothérapie.

LE CANCER DE LA VULVE


Définition et symptômes

Le cancer de la vulve est rare et survient chez la femme âgée de plus de 60 ans. Le pronostic dépend de la précocité du diagnostic.La femme se plaint parfois de démangeaisons au niveau de la vulve, ainsi que d’une ulcération (=formation d’un ulcère). La biopsie permet le diagnostic.


Traitement

Le traitement consiste en l’ablation chirurgicale de la vulve (vulvectomie). La prévention requiert une bonne hygiène locale, un examen gynécologique régulier, même après la ménopause, et l’ablation immédiate des lésions suspectes.



Sources :

- "Questions de femmes", Anne de Kervasdoué, Ed. Odile Jacob
- Doctissimo, site médical d'informations
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